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Ires et délires

Ires et délires

Mes amours, mes douleurs ...

Publié le par Paloma

Un souffle

Un souffle qui s'attarde
Un regard qui interroge
Une main qui se crispe
Un coeur qui s'épuise.

Une larme qui échappe
Une parole qui s'éteint
Une vie qui s'attarde
Un destin implacable.

Une ombre sur le front
Un mot qui interroge
Pourquoi ?
Il reste l'amour.

Paloma GUERAN ( Tous Droits Réservés)

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Publié le par Paloma

Temps suspendu

Un fil
Oscille
Entre
Absence
Et éternité
Un souffle
Hésite
Un regard
Se tourne
Une vie
Se détourne.

Paloma GUERAN ( Tous Droits Réservés)

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Publié le par Paloma
Un rouge sang

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Publié le par Paloma
Un rouge sang
Un rouge sang





Un rouge sang


Ce matin
Sous la pluie
La larme
Hésitait.


Le silence
Hurlait
La douleur
Le malheur.


Les visages
Figés
Sur la flamme
Vacillaient.


Le chant
A résonné
La liberté
A vibré.


Midi blanc
De la vie arrêtée
Temps rouge sang
Des vies assassinées.




Paloma GUERAN ( Tous Droits Réservés ) 17/11/2015

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Publié le par Paloma

La vie, côté cour ….

Elle était déjà une femme d’âge certain, et vivait dans une petite ville où elle n’avait pas d’amis.

Sa famille s’était réduite à si peu de personnes, que la solitude lui était coutumière. Il lui fallait vivre sa vie, au quotidien, sans autre projet que celui meubler le temps et remplir l’espace.

Elle n’était pas dupe et savait qu’il lui fallait feindre en permanence, la sérénité et l’équilibre pour n’être pas rejetée. Les gens n’aiment pas à être confrontés au vide de la solitude, ni à l’image de la détresse.

Très vite, il lui avait fallu apprendre à regarder la vie des autres, la sienne avec l’acuité de celui qui est au centre d’une vaste mise en scène.

Un exemple de sa journée se traduisait ainsi :

Elle se levait tôt, et traînait son ennui dans de vagues occupations ménagères qu’elle s’imaginait devoir faire.

Après un petit-déjeuner face à un journal local déposé dans sa boite chaque matin, elle prenait le pouls du monde et s’enquérait des nouvelles de sa petite ville.

Ainsi, lorsqu’elle sortirait, elle pourrait parler un peu avec ceux qui étaient les acteurs de son petit monde.

Quelques paroles feraient l’objet d’un échange avec las rares êtres qui lui étaient donné de croiser et avec lesquelles, quelques mots lui permettaient de s’imaginer dans la vie.

Elle se devait de s’enquérir de la santé ou des problèmes de ces gens de passage qui ne l’acceptaient qu’au prix de ces marques d’intérêt.

Jamais en retour, on ne lui demandait comment elle allait ! Elle ne faisait pas partie de ceux, qui sont dignes d’une écoute attentive.

La mâtinée, s’écoulait entre son lit qui lui était le seul cocon qui la protégeait et le jardin dans lequel elle aimait à flâner en contemplant les quelques fleurs qu’elle y avait semées.

Elle aimait à sortir pour une petite promenade, au cours de laquelle elle pourrait peut-être rencontrer quelqu’un avec qui échanger un sourire, et s’enquérir de ses nouvelles.

Les jours où il lui était donné d’échanger quelques mots, elle avait l’impression d’exister.

Quand ce n’était pas le cas, elle retournait à sa solitude et tentait de l’interrompre par quelques appels téléphoniques qui lui tenaient lieu d’échanges.

Parfois elle regardait les autres emplir leur vie de récits colorés, souvent enjolivés au fur et à masure qu’ils étaient répétés.

Elle n’était pas dupe de cette comédie du quotidien, mais savait qu’en bonne spectatrice, il lui fallait assister à cette mise en scène de la vie.

Elle, s’était établie, comme installée en marge, et ne pouvait participer à ce jeu qu’était la vie.

Les soirées la trouvaient devant le téléviseur allumé ou immergée dans un livre dont elle ne parlerait pas, faute d’interlocuteur.

Elle n’était pas sans centres d’intérêts : tous les arts l’intéressaient et emplissait ses loisirs. Mais jamais ou presque, elle ne pouvait partager ses émotions ressenties à la lecture d’un poème ou d’un roman, ou ses émois dent une œuvre d’art, contemplée au détour d’un musée ou lors d’une exposition, ou ses sens mis en éveil par une œuvre musicale !

On la croyait heureuse, épanouie. On recherchait parfois sa compagnie car elle savait écouter l’autre et lui prêter l’importance qu’il croyait susciter.

Jamais, elle ne se moquait de ceux qui mettaient leur vie en scène, car elle savait le prix de cette comédie humaine.

Elle avait payé un lourd tribut afin de participer à ce spectacle.

Elle savait qu’elle n’était qu’une image ou un miroir dans lequel on pouvait se refléter sans être jugé.

Cette image, elle la regardait à travers le prisme des réseaux sociaux qui lui donner l’impression d’être entourée « d’amis ».

Elle y passait une bonne partie de ses heures, partageant ses écrits, ses dessins ou ses peintures et y trouvait le bonheur d’y être vue comme si elle existait vraiment.

Elle vouait sa vie aux autres et savait volontiers se rendre utile.

Je crois que sa famille, plus précisèment les quelques êtres qui la composaient encore, voulait croire à sa simplicité et à son bonheur, qui n’était qu’absence de malheur.

De ce côté, elle avait été souvent mise à l’épreuve et aujourd’hui, elle conjuguait sa vie au passé.

Elle s’était faite la mémoire de tous ceux qui n ‘étaient plus à ses cotés, emportés par la maladie ou l’âge, et ne savait plus vivre au futur. Elle n’avait plus de projet et se contentait d’un présent sans couleurs.

Elle se savait sans importance et s’y était résignée.

Un jour d’été, cependant , alors que les rires et les couleurs du bonheur d’autrui, emplissaient son silence, elle eut envie de contempler la vie autrement que du côté cour.

Elle monta sur la scène et dans le décor de sa petite maison, elle devint actrice.

Au grenier, d’une vieille malle, elle sortit une robe passée que sa mère et sa grand-mère avaient revêtu pour leur mariage, s’en revêtit et lors d’une petite cérémonie qu’elle improvisa fort justement, elle célébra ses épousailles avec l’éternité.

Elle n’eut qu’un seul regret, celui de ne pouvoir en même temps être du côté cour pour assister à la représentation.

Paloma GUERAN

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